Pourquoi je soutiens Martine Aubry
Il peut paraître contradictoire de la part d’un courant qui refuse la personnalisation et qui veut mettre à bas cette République autoritaire voire autocratique de soutenir une candidate aux primaires socialistes et de faire sa campagne alors que tant d'entre nous étaient critiques à l'égard de ce mode de désignation du candidat socialiste. Qui plus est, lorsque celle-ci est relativement éloignée de la tradition politique de laquelle nous sommes issus. On peut penser qu’il s’agit d’un choix par défaut étant donné que notre courant (la gauche du PS) ne présente pas de candidat. Ca ne l’est pas tant que ça.
Si certaines personnes incarnent quelque chose de manière délibérée et historique (comme Henri Emmanuelli) d’autres l’incarnent malgré eux, malgré ce qu’est leur histoire et parce qu’ils cristallisent une espérance à un moment donné. C’est le cas de Martine Aubry. Bien qu’elle ait voté et fait farouchement campagne pour le oui en 2005, elle a su par une synthèse intelligente non pas dépasser le oui et le non mais incarner pour partie les aspirations du « peuple du non de gauche ». C’est le cas sur de nombreux sujet comme le tarif extérieur commun, la primauté du public sur le privé, la nécessaire intervention de l’Etat dans l’économie, les aspirations au changement de la jeunesse …
Ce choix n’est donc pas un choix pas défaut mais un choix délibéré et en conscience de la gauche du PS. Parce que nous pensons qu’elle est une garantie que le centre de gravité de la gauche restera au cœur de la gauche et pas au centre gauche, parce qu’elle souhaite de manière active arriver à un contrat de gouvernement avec nos partenaires de gauche, parce que nous pensons qu’au niveau européen elle se battra à l’intérieur du PSE pour changer l’orientation libérale de l’Europe, parce qu’enfin une femme de gauche à la tête de la 5ème puissance mondiale ça aurait de la gueule.
Pour toutes ces raisons je soutiendrais et je voterais pour Martine Aubry aux primaires du PS.*
*Si elle est candidate
Publié par emirdeniz à 15:28:15 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
Manuel Valls, Pierre Moscovici, François Hollande… Ils s’y mettent tous. L’aile « réaliste» du PS a commencé à tomber à bras raccourcis sur le Benoit Hamon. Pourquoi ? En réalité, sur le fond, ils ne le savent pas eux même. Les propositions seraient jugées trop chères. Ils ne disent pas lesquelles non, ils ne le diront pas, d’ailleurs, prises isolément, ils vont défendre telle ou telle proposition. Alors pourquoi faire cela ? Eh bien pour deux raisons. La première, la plus importante, est évidement d’être bien vu par les médias. « Lorsque la bourgeoisie me fait des compliments, je me demande quelle erreur j’ai commise !» disait Lénine, eux se demandent plutôt comment avoir les compliments de la bourgeoisie médiatique, qui rappelons le appartiennent à plus de 90% à des entreprises du CAC40 dirigées par des amis de NS.
La deuxième raison, plus tordue, et qui montre que certains qui se prétendent « Hommes d’Etat » le sont en réalité avec un h minuscule tient au fait qu’ils veulent mener leur petite guérilla à Martine Aubry en attendant les primaires. Ah non, ils ne critiquent jamais la première secrétaire, et le jour où elle sera désignée si elle l’est, ils auront toujours été ses premiers soutiens. Ils s’attaquent à la direction du Parti en général mais surtout à la partie dont ils pensent qu’elle est la plus faible, c'est-à-dire la gauche du Parti.
Le problème pour eux est double. Le premier problème est qu’au final, en dehors de Manuel Valls, ils ne veulent pas se marginaliser à l’intérieur du parti (on ne sait jamais, on peut toujours avoir besoin de Hamon et ne pas trop se fâcher avec Aubry). Le second et le plus important c’est qu’à chaque fois qu’ils critiquent Benoît, ils contribuent à renforcer la gauche du PS qui elle, contrairement à eux, a des idées. Dans une période où des millions de français sont descendus dans la rue pour réclamer une autre orientation politique, où les salaires n’augmentent plus depuis des années, où l’éducation est massacrée, le simple fait de critiquer des mesures qui vont dans le sens de l’égalité va peut être les légitimer dans les médias officiels mais va surtout, plus encore qu’ils ne le sont déjà, les marginaliser dans le peuple de gauche.
Alors chers camarades « réalistes », de France mais aussi de Moselle ; si vous êtes d’accord pour la « Grande réforme fiscale » à laquelle appelle François Hollande, si vous êtes d’accord pour revenir sur toutes les mesures antisociale et antiéconomique de ce gouvernement, il faudra bien faire quelque chose des 100 milliards d’euros de revenus supplémentaires amenés par une telle réforme. Si vous n’êtes pas pour cette réforme et que vous souhaitez maintenir la situation sociale de ce pays dans l’état où elle est, dites le, dites le clairement. Vous aiderez les citoyens de gauche qui vont avoir à faire un choix crucial, à le faire en connaissance de cause.
Publié par emirdeniz à 12:29:10 dans France | Commentaires (1) | Permaliens
Rencontre Hamon-Besancenot : enfin une bonne nouvelle à gauche !
vendredi 3 septembre 2010 (10h31)
Par Philippe Marlière dans Bellaciao.org
Ne boudons pas notre plaisir, les bonnes nouvelles ont été rares à gauche ces derniers mois. Réjouissons-nous donc de la rencontre entre Olivier Besancenot, le porte-parole du NPA et Benoît Hamon, porte-parole du PS et leader d’Un monde d’avance, le courant de gauche du PS.
Besancenot sera présent à l’université d’été d’Un monde d’avance le 19 septembre au Vieux-Boucau (Landes). Il interviendra lors d’un meeting de clôture consacré aux retraites. Il sera entouré de Benoît Hamon et d’Henri Emmanuelli (PS), de Pierre Laurent (PCF) et de Vincent Placé (Verts).
Notons que l’année dernière, Pierre-François Grond, un proche de Besancenot, avait été invité par la gauche du PS sans que cela ne provoque le moindre remous politique et médiatique.
Des deux côtés, on indique que le NPA et le PS sont pour la défense de la retraite à 60 ans. C’est un point de départ, car il existe également des divergences. Ainsi, le PS a accepté une hausse des cotisations, ce que refuse fermement le NPA.
On pourrait aussi ajouter qu’il s’en est fallu de peu pour que le PS ne suive Sarkozy sur le départ à la retraite à 62 ans. L’aile néolibérale du PS (qui persiste aujourd’hui en sourdine), mais également un court moment Martine Aubry, avaient paru s’aligner sur la droite. Mais Aubry a compris qu’en entérinant cette régression sociale historique, elle hypothèquerait toute chance de victoire à l’élection présidentielle. Sur ce dossier, l’influence de l’aile gauche socialiste est donc indiscutable.
Après 2007, la course à droite du PS La rencontre Hamon-Besancenot apparaît dictée par le réalisme politique : l’unité de toutes les forces de gauche est nécessaire pour faire reculer le projet de Nicolas Sarkozy. Hamon et Besancenot devraient partager la même tribune dès le 8 septembre à Montreuil, à l’occasion d’un meeting de la gauche contre le projet de la droite.
Olivier Besancenot a pu ironiser que le NPA n’est plus infréquentable sous Aubry. Il s’agit effectivement d’une rupture avec la période brejnévienne du PS sous la coupe de François Hollande. Pendant cette longue phase de régression politique (1997-2008), le PS eut pour interlocuteur privilégié le PCF de Robert Hue, dont l’objectif majeur était de coller au plus près le PS pour sauver ses élus.
Après la défaite de leur candidate New Age en 2007, les dirigeants du PS se sont lancés dans une course à droite aussi navrante que suicidaire :
défections à la chaîne de socialistes partis rejoindre le gouvernement Fillon,
proposition d’alliance avec le MoDem de François Bayrou (qui en parle encore aujourd’hui ? ),
vote inique du Traité de Lisbonne par le Congrès obtenu grâce à l’abstention de parlementaires socialistes,
discours inaudible lors de la crise capitaliste,
et, après l’élection européenne, ouverture au libéral-libertaire Cohn-Bendit, hier follement « moderne » dans son rôle de pourfendeur de la « vieille » gauche, aujourd’hui redevenu has been politique.
Tous ces projets ont été des échecs car leur mise en œuvre (droitière) n’aurait répondu à aucune attente populaire dans le domaine social. Les thèses des néolibéraux du PS ont en outre été discréditées par les événements.
Le PS a besoin du NPA Cependant, il en faut plus pour que leurs concepteurs rentrent dans le rang. Dès l’annonce de la rencontre Hamon-Besancenot, deux caciques de la droite ont dénoncé l’« irresponsabilité » de Benoît Hamon et affirmé que les positions du PS et du NPA sur les retraites sont « incompatibles » (les deux partis sont pourtant pour le maintien de la retraite à 60 ans ! ).
L’un, Pierre Moscovici, est le lieutenant de Dominique Strauss-Kahn et fervent défenseur du Traité constitutionnel européen rejeté par les Français.
L’autre, Gérard Collomb, allié à Ségolène Royal en 2007, est l’homme de toutes les surenchères droitières dans le PS. Il apporta son soutien à Georges Frêche lors des dernières élections régionales. Collomb demanda à son parti de faire un geste d’« apaisement » en faveur du président de la région Languedoc-Roussillon pourtant condamné par la justice pour propos racistes, puis exclu du PS.
Pour stopper la loi sur les retraites et battre le sarkozysme, le PS a besoin du NPA et de l’ensemble des forces de gauche. Chaque grande victoire législative de la gauche en France (1936, 1981 et 1997) a été acquise à l’issue d’une période de rapprochement entre les principaux partis.
Décalage entre les stratégies et les attentes populaires Les défaites successives du PS à l’élection présidentielle ne sont pas que des erreurs de casting (Jospin avait l’étoffe d’un Président), mais elles ont été essentiellement causées par des stratégies et des programmes en porte-à-faux avec les attentes populaires (Jospin en 2002 et surtout Royal en 2007).
L(e) candidat(e) socialiste ne pourra espérer l’emporter en 2012 que s’il/elle prend la pleine mesure de l’exaspération populaire suscitée par un quinquennat de politiques antisociales et sécuritaires. Les électeurs éliront le/la candidat(e) qui donnera un débouché politique à la volonté de rupture avec le sarkozysme.
Après ses contre-performances aux élections européennes et régionales, le NPA va devoir trancher entre deux stratégies :
L’une, « gauchiste », consisterait à confirmer l’isolement et la surenchère verbale à gauche. Celle-ci n’offrirait aucun débouché au vote NPA et entraînerait de nouveaux reculs électoraux et une crise militante.
L’autre, « unitaire » (dans la tradition trotskyste), tenterait de canaliser la radicalité des mouvements sociaux (explicite ou diffuse) pour favoriser un « arc » de réformes sociales radicales.
Rappelons-nous qu’en 1936, la gauche s’était engagée en guise de programme commun à dissoudre les ligues factieuses. Cette mesure minimaliste ne contenta pas le peuple qui voulait des réformes sociales ambitieuses. Elle le lui fit savoir en lançant des mouvements de grève de grande ampleur. Il en résulta l’instauration des deux semaines de congé payé et la semaine hebdomadaire de 40 heures.
Aujourd’hui encore, la gauche doit urgemment répondre aux attentes sociales du peuple. L’unité d’action sur des questions comme la sauvegarde des retraites est donc cruciale. Espérons que la rencontre Hamon-Besancenot ne soit qu’un début.
De : Philippe Marlière
vendredi 3 septembre 2010
Publié par emirdeniz à 12:12:17 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
Editorial du journal Israelien Ha'aretz
Un commando de Tsahal a attaqué, le 31 mai, les bateaux qui se dirigeaient vers le territoire palestinien chargés de matériel humanitaire et de biens de consommation. Dans un éditorial écrit quelques heures avant l’assaut, Ha’Aretz dénonce l'emballement israélien.
La machine de propagande israélienne a atteint de nouveaux sommets dans son hystérie désespérée. Elle a distribué des menus des restaurants de Gaza, accompagnés de fausses informations [afin de montrer que les Gazaouis ne manquent de rien]. Elle s’est couverte de ridicule en se lançant dans une bataille futile dans le secteur des relations publiques, une bataille qu’il aurait mieux valu ne pas déclencher. Ils veulent maintenir le siège inefficace, illégal et immoral de Gaza et ne pas laisser la “flottille de la paix” aborder sur la côte ? Il n’y a rien à expliquer, certainement pas à une communauté internationale qui n’est pas prête à avaler ce brouet fait de justifications, de mensonges et de tactiques dilatoires. Il n’y a plus qu’en Israël que les gens acceptent ces marchandises avariées. Rappelant ces rituels antiques qui précédaient les batailles, le chœur a clamé son enthousiasme sans se poser de question. Des soldats en uniformes blancs se sont préparés en notre nom.
Des porte-parole ont fourni des explications fallacieuses en notre nom. Toute cette scène grotesque se déroule à nos dépens. Et presque aucun d’entre nous n’est venu perturber le spectacle. Le chœur a entonné des chants de tromperie et de mensonges. Nous en sommes tous, nous qui affirmons qu’il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza. Nous faisons tous partie de ce chœur qui prétend que l’occupation de Gaza est terminée, et que la flottille représente une agression violente contre la souveraineté israélienne — le béton va servir à bâtir des bunkers et le convoi est financé par les Frères Musulmans turcs. Mais, le siège israélien de Gaza va faire tomber le Hamas et libérer Gilad Shalit. Yossi Levy, porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, un des plus risibles parmi les propagandistes, s’est surpassé en déclarant sans sourciller que le convoi d’aide à destination de Gaza constituait une violation du droit international. Mais bien sûr. C’est exactement ça. Ce n’est pas le siège qui est illégal, c’est la flottille.
L’opération de propagande a cherché à nous vendre, à nous et au reste du monde, l’idée que l’occupation de Gaza est finie, mais que de toute façon, Israël dispose de l’autorité juridique pour interdire toute aide humanitaire. Tout cela n’est qu’un tas de mensonges. Une voix, et une seule, est venue un peu gâcher la fête : un rapport d’Amnesty International sur la situation à Gaza. Quatre habitants sur cinq y ont besoin d’une assistance humanitaire. Des centaines attendent de bénéficier de traitement médicaux, et 28 sont déjà morts. Et ce en dépit de briefings de l’armée israélienne sur l’absence de siège et la présence d’une aide, mais qui s’en soucie ? Quant aux préparatifs de l’opération, ils ne sont pas sans rappeler une farce particulièrement désopilante : le débat ministériel enflammé; le déploiement de l’unité Masada, commando du service carcéral spécialisé dans la pénétration des cellules de prison ; des commandos de marine appuyés par l’équipe de lutte antiterroriste de la police et l’unité cynégétique Oketz de l’armée ; la mise en place d’un site de détention spécial dans le port d’Ashdod ; et le bouclier électronique censé interdire la diffusion de toute information sur la saisie du navire et sur l’arrestation de tous ceux qui se trouvent à bord.
Publié par emirdeniz à 13:52:26 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai trouvé cette carte sur le site du monde.fr et je l'ai trouvé très interressante. En l'analysant bien on peut déduire quelques éléments de ces cartes. D'abord une chose qu'on ne voit pas sur cette carte est la superposition partielle de l'abstention et du vote FN. Le FN comme tous les autres recule évidement en nombre de voix par rapport à la présidentielle et pour cause (80% de participation à la présidentielle, moins de 50% aujourd'hui).
Deuxièmement, j'avais analysé comme d'autres la montée du Front National en parallèle à la crise économique et en particulier industrielle. Cela est particulièrement vrai pour les régions du nord et de l'Est de la France. En Moselle par exemple, dans la vallée de l'Orne ou de la Fensch cela est particulièrement vrai puisque dans la plupart des endroits, le FN est devant l'UMP.
En revanche, il faut analyser différemment 2 autres régions ou le FN a fait un fort rebond à savoir Rhône Alpes et l'Ile de France qui ne font pas partie des régions les plus durement touchée par la crise. Ici, c'est plutôt l'électorat traditionnel de la droite qui vote tantôt à droite tantôt à l'extrême droite qui est en cause. Cela s'explique vraisemblablement par une partie de l'électorat catholique ou traditionnaliste qui n'a pas supporté le style Sarkozy fait de Bling Bling, de divorces et autres mariages présidentiels mais aussi des différentes "affaires" Polanski, Mitterrand, ...
Ces électeurs qui sont généralement d'un milieu social aisé et s'abstiennent peu ont donc décidé de faire payer à la droite son évolution culturelle. La coupure entre l'élite Umpiste parisienne qui fréquente les milieux culturellement de gauche a donc été santionnée également électoralement.
Cette évolution sera interressante à analyser dans les mois à venir dans la perspective des présidentielles car un De Villepin ne dérangerait sans doute pas ces tradi déboussolés.
Publié par emirdeniz à 09:49:38 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
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