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Ecrit au fil de la pensée ...
Il est un peu présomptueux et peut être dangereux pour un militant socialiste de faire un titre comme celui-là, mais je voudrais tout de même donner mon opinions quand aux chances réelles de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007.
Premièrement, les qualificatifs les plus souvent utilisés à son égard ne sont pas très propice à gagner des voix : arrogant, manipulateur, cynique, mégalomane, dangereux ... voici quelques unes des expressions qui le caractèrisent non pas aux yeux des "bobos" ou des profs mais aux yeux de beaucoup de gens y compris des humanistes de droite. Certe, ça n'est pas une explication très politique mais on peut aussi avoir des indices sur l'opinion en fonction des termes utilisés couramment par les gens pour en parler.
Deuxièmement, Sarkozy fait une erreur fondamentale en pensant qu'il pourra mordre sur l'électorat de la gauche en utilisant le populisme de droite. Sarkozy veut faire croire aux gens que le principal problème est dans le fait que les hommes politiques manquent de courage et donc il fait de l'agitation pour faire penser que lui en a. Je pense au contraire, pour prendre l'exemple de la gauche, qu'il fallait être extrêmement courageux pour faire des réformes comme les privatisations et les baisse d'impôt, il n'y a pas là un excès de timidité mais plutôt un zèle idéologique qui nous a probablement couté un 21 avril. Le problème du courage ou de son abscence ne se pose donc pas dans ces termes. Ceux qui pensent que l'élection présidentielle se joue essentiellement sur un sentiment ou une émotion se trompent. Sans faire du matérialistisme trop caricatural, je dirais que le résultat d'une élection peut changer selon qu'on la place avant ou après le jour de la paye.
Le sondage ne mesure donc en aucun cas la réalité, il mesure selon moi l'émotion. Car l'émotion est éphémère et non déterminante dans la plupart des choix importants, la réalité elle, est préniante et anxiogène. La réalité va donc probablement rattrapé Sarkozy. Le problème du charriot à moitié plein ou à moitié vide, le problème du chômage qui baisse à moitié en faisant augmenter la précarité du double et le problème de l'impossibilité à pouvoir prévoir au delà du 15ème jour du mois. Vous allez me dire qu'un autre qui joue du registre de l'émotion fait beaucoup de voix, je pense évidement à Lepen. Je vous répondrait que précisément, en ce qui concerne son électorat ex-communiste (entre un tiers et la moitié des voix) les ressorts du Lepenismes sont sociaux et non idéologique, ils le sont pour l'autre moitié. De plus, je vous répondrait que sur ces ressorts émotionnels, un candidat ne peut au plus faire que le score maximum de Lepen c'est à dire 18%.
Enfin et c'est lié au point précédent, et il s'agit la d'une question idéologique donc culturelle, la France est profondément républicaine, beaucoup plus profondément qu'on ne le croit et pas d'un républicanisme restreint, nationaliste, mais bien l'idée que la liberté et l'égalité peuvent être un projet politique national et international. Sarkozy est donc trop américain pour gagner dans ce pays, il le pourrait certainement dans des pays de tradition anglosaxonne mais en France c'est très difficile.
Le triptique populisme (pour les pauvre)/ultralibéralisme (pour les riches)/ communautarisme (pour tout le monde) ne peut pas gagner dans un pays de tradition laïque car il devrait pour cela être porté par des courants idéologiques puissants (comme pour Bush) comme la religion ou le nationalisme qui ne sont déjà en France depuis belle lurette que des pages dans les livres d'histoire.
Enfin, qui se souvient de la dernière victoire de Nicolas Sarkozy à une élection nationale ? Personnne, car il n'y en a pas eu. La seule fois ou il a tenté il a fait 11% c'est à dire moins que Pasqua aux élections européenne de 1999. Lorsqu'il a soutenu la droite aux régionales de 2004 en faisant des meeting partout (on se souvient encore de Copé qui rajoutait la mention "avec le soutient de Nicolas Sarkozy" sur ces affiches) elle a perdu toutes les régions sauf une et lorsqu'il a fait campagne pour le Oui au référendum le non a fait 55%.
Souhaitons donc qu'une fois de plus le triptique liberté/égalité/socialisme l'emporte face à la supercherie.
Publié par emirdeniz à 00:00:45 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
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