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Service minimum : comment l’Etat organise le bris de grève… | 30 janvier 2008

Par Nicolas Sacco

C'est un serpent de mer vieux de quarante-cinq ans. La droite cherche à tous prix à limiter l'exercice du droit de grève des fonctionnaires. Le service minimum à l'école est sans doute le coup le plus vicieux porté par un gouvernement à l'exercice du droit de grève.

Démonstration en deux actes.

Prologue : quand De Gaulle mangeait son képi

En 1963, face à la grève des mineurs, De Gaulle signe un décret de réquisition des mineurs qui est accueilli de la seule manière possible : par le mépris. Les mineurs poursuivent le mouvement. Le général mange son képi. Les gouvernements de droite prennent acte qu'il est impossible de lutter contre une foule en colère. Les Français soutiennent les grévistes et l'on n'imagine pas l'armée tirer sur la foule.

Acte I - 2008 : l'organisation du bris de grève

Sarkozy a retenu la leçon. Ministre de l'Intérieur, il a commencé, dès les grèves de 2004 contre la loi Fillon sur les retraites et l'acte II de la décentralisation, à préférer le pourrissement, à réutiliser des agents provocateurs, ces policiers en civil infiltrant les manifestants. Et les défilés pacifiques de se transformer comme par enchantement en groupes violents incontrôlables devant les caméras de télévision...

Il franchit désormais le Rubicon et organise le bris de grève. Les enseignants en grève sont remplacés au mieux par des animateurs, au pire par quelques agents municipaux sans qualification, employés par les communes, les frais étant compensés par l'Etat grâce aux traitements retenus pour fait de grève.

Le droit de grève, protégé par la Constitution (préambule de 1946), est bafoué. Un employeur privé recourant à cette méthode serait condamné par la chambre sociale de la Cour de Cassation. Ne parlons pas des Etats-Unis ou du Canada où le juge poserait immédiatement les scellés sur les écoles. La protection du droit de grève n'est pas forcément la plus forte là où l'on croit...

Acte II - Et maintenant ? Les maires de gauche dans la tourmente...

Le calcul est diabolique. Alors que la poignée d'usagers en colère en appelait à l'Etat sur sa compétence (l'éducation), elle se tournera vers les communes. A elles de répondre aux problèmes de garde d'enfants ! Et tant pis pour les maires de gauche qui refusent de se transformer en briseurs de grève : ils auront à affronter la grogne des usagers quand les enseignants se plaignent de la politique de l'Etat.

Coup double ! La politique de casse du service public d'éducation est payée par les élus de gauche...

Mais, non, il ne faut pas voir le mal partout...

A bon entendeur

 

Publié par emirdeniz à 10:11:23 dans France | Commentaires (0) |

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