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Présentation

Je m'apelle Emir Deniz. J'ai 28 ans, je suis conseiller de Jean Pierre Masseret au Conseil Régional de Lorraine. J'ai travaillé pendant 2 ans comme assistant d'Henri Emmanuelli à l'assemblée nationale. Politiquement, je suis membre du Parti Socialiste. J'ai également été membre du Bureau National et du Secrétariat National du MJS chargé de l'éducation. J'ai également milité pendant de longues années à l'UNEF, années qui restent les plus belles pour moi ...

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Il vaut mieux être jugés en Europe que coupable en Lybie | 11 juillet 2007

Tout le monde est sous le choc. Les infirmières bulgares et le médecin palestinien ont été condamnés à mort par le régime libyen. Je me demande depuis le début de cette affaire pourquoi on parle tant de ces infirmières bulgares ? Au fond, des dizaines de personnes sont condamnés à mort chaque jour en Lybie et personne ne proteste. Aurait-on attendu que des citoyens européens soient condamnés pour réagir ? Le plus choquant n'est-il pas dans cette affaire que tout se passe comme s'il s'agissait d'une prise d'otage de 5 personnes par le régime libyen plutôt que d'une catastrophe sanitaire ? Ou encore que la Lybie dirige aujourd'hui la commission des droits de l'homme des nations unis grâce aux voix des ... européens. Le cynisme n'a pas de limites.

Rappelons nous d'une autre affaire de contamination qui a eu lieu plus près de chez nous : l'affaire du sang contaminé. Je ne me souviens pas que beaucoup de gens aient été choqués par la mise en examen des fonctionnaires coupables ou même de Laurent Fabius alors premier ministre qui ne l'était probablement pas. Ce que je veux dire par là, c'est que l'affaire du sang contaminé libyen est devenue dans les médias européens l'affaire des infirmières bulgares. Il ne s'agit évidement pas de dire ici que la justice libyenne serait exemplaire et que ces personnels seraient coupables, ils ne le sont probablement pas ; mais nous devons tout de même avoir une vision critique de la manière dont cette affaire est médiatisée ici car ce sont tout de même des centaines d'enfants qui ont eux été bel et bien condamnés à mort par l'injection (accidentelle ?) du virus du sida dans cet hôpital. Personnes ne parle donc de ces enfants si ce n'est pour dire que leur traitement va être négocié contre la libération des infirmières. L'Europe aurait-elle aidé ces familles s'il n'y avait pas eu l'affaire des infirmières ou cette histoire serait-elle passée complètement inaperçu aux yeux de la communauté internationale ?

J'aimerais aussi, sincèrement qu'on m'explique le fond de cette affaire. Comment ces enfants ont-ils été contaminés ? Qui sont les responsables ? Y'a-t-il eu malveillance ou négligence ? Si ces infirmières sont partiellement coupables, elles doivent évidement être jugées de manière juste et les familles indemnisées.

Malheureusement, la justice n'a pas la même définition lorsqu'on traverse la méditerranée vers le sud et les coupables deviennent parfois victimes lorsqu'on va dans l'autre sens ...

Cette affaire en rappelle malheureusement beaucoup d'autres ou des campagnes ont lieu pour libérer des prisonniers français jugés pour des faits tout à fait avérés dans des pays étrangers. Tel personne coupable de trafic de drogue, tel meurtre ou tel viol sont vu à l'aune de la sympathie qu'on éprouve à l'égard de nos propres compatriotes et pas à l'aune de la justice. Imaginons un instant qu'un étranger soit coupable de crime en France, on sait ce que dirait ces même médias si prompt à s émouvoir devant tel ou tel condamnation de français à l'étrangers. La justice, lorsqu'elle est ethnocentrée n'est pas juste.

Publié par emirdeniz à 15:35:26 dans International | Commentaires (0) |

Le blairisme peut-il être de gauche ? | 27 juin 2007

L'actualité est aujourd'hui marquée par une fin de règne étrange. Un mélange de nostalgie et d'amertume a du prendre à la gorge le travailliste lambda dans son quartier populaire de Manchester ou de Liverpool. Celui qui a fait gagner la gauche est aussi celui qui a signé pour un temps long l'abandon de la valeur cardinale du socialisme : l'égalité.

 

N'en déplaise aux apôtres français du blairisme, la période Blair du Labour (maintenant new labour) signifie une rupture fondamentale avec les idéaux socialistes qui ont été les siens. Le new labour d'aujourd'hui ne se réclame d'aucune catégorie sociale, il a réussi à mettre à plat son lien organique avec les syndicats qui l'avaient fondé. Il n'est aujourd'hui la représentation sociale d'aucune catégorie en particulier mais plutôt l'incarnation du parti socialiste postmoderne pour qui la nouvelle « british way of life » fait office de paradigme idéologique.

 

Les tenants du blairisme trouveront toujours de quoi montrer que Blair était plus à gauche que Thatcher mais quel intérêt. Est-ce cela que les ouvriers abandonnés à leurs sorts, les misérables qui se multiplient et qui sont aujourd'hui misérable depuis plusieurs génération attendaient du parti censé les défendre ? Ou encore, la jeunesse britannique a-t-elle encore quelque chose à attendre d'un gouvernement qui a passé les frais d'inscription de rien à 4500 £ dans les universités et qui a placé 4,5 millions de caméra dans le pays pour surveiller les faits et gestes de ses administrés ?

 

Il faut se demander pourquoi la majorité des admirateurs de Tony sont du côté droit de l'échiquier politique et pas seulement en France (où la gauche serait archaïque). N'avoir pas réussi à mettre en place un système de santé qui soigne, un système éducatif qui éduque, un système de redistribution qui redistribue les milliards de la city en 10 ans de pouvoir est sans conteste un échec pour un gouvernement qui se veut de gauche. Alors, il y a une autre explication, ce gouvernement est peut-être tout simplement de droite et alors c'est une escroquerie. 

Publié par emirdeniz à 21:10:37 dans Europe | Commentaires (0) |

C’est plus compliqué que ça ! | 12 juin 2007

Raz de marée, tsunami, vague bleue. On ne savait pas trop quel nouveau mot utiliser pour parler de la victoire de la droite dimanche soir. Dès dimanche soir la droite et leurs médias étaient déjà contents d'annoncer le prochain raz-de-marée et la France bleue. Les gens qui me connaissent savent que j'ai pris l'habitude de manier quelques statistiques lorsque je travaillais à l'Assemblée Nationale. C'était pour ainsi dire ma principale tâche. Je n'ai donc pu m'empêcher d'y regarder de plus près. Et lorsqu'on regarde de plus près, s'il est incontestable que la droite va gagner les élections dimanche prochain et que son pourcentage est historiquement élevé, il n'est pas évident que nous nous retrouvions avec une chambre bleue horizon dimanche soir. Deux raisons expliquent cela.

La première est que la droite a fait ses meilleurs scores dans des circonscriptions qui sont déjà à droite. En effet, la totalité des députés de droite élus dimanche soir l'ont été dans des circonscriptions qui étaient déjà à droite. Cela a pour effet d'annuler une partie de l'effet de la vague puisque les scores au dessus de 50% qui entrent dans le calcul de la moyenne sont perdus (si vous faites 60% et 30% votre moyenne est bien à 45% mais les 10% au dessus de 50 ne viennent en réalité pas compenser les 30 puisque ce sont des circonscriptions différentes) comme si le tsunami venait s'écraser sur une digue et que le surplus d'eau passait par-dessus la digue. La première explication est donc d'ordre statistique (1).

La seconde est d'ordre socio-politique. En effet, on assiste depuis plusieurs années déjà à un renforcement de la gauche dans l'ensemble de l'OUEST de la France. Ainsi, des départements qui étaient à gauche le sont davantage et d'autres qui étaient à droite sont de plus en plus à gauche (Gironde, Calvados, Ile et Vilaine, Loire Atlantique). Ainsi, dans les circonscriptions les plus disputées, la somme des voix entre droite et extrême droite est en recul par rapport à 2002, parfois de plus de 5 points. Il y a donc dans ces circonscriptions un effet d'optique due aux scores très élevés de l'UMP au premier tour. La plupart du temps les réservoirs de voix se situent donc davantage à gauche qu'à droite.

                                                     

Pour illustrer mes propos, j'ai choisi 3 circonscriptions de l'OUEST de la France détenues aujourd'hui par la droite mais où la gauche pourrait bien récupérer les circonscriptions. Les exemple sont réellement très nombreux et compensent très largement les quelques circonscriptions que nous pourrions perdre à l'EST.

 3 Exemples :
 Sein Maritime 1ère circonscription
 1er tour 2002 :
 

Somme Droite + Extrême Droite 51%

Somme Gauche + Extrême Gauche 44%

 1er tour 2007
 

Somme Droite + Extrême Droite 42,9% Recul de 8 points

Somme Gauche + Extrême Gauche 47%

 

Lot et Garonne 3ème circonscription

 1er tour 2002
D+ED 53%
G+EG 41%
 1er tour 2007
D+ED 49% Recul de 4 points
G+EG 49%
 Calvados 1ère circonscription

2002

D+ED 48%

G+EG 39%

 2007
D+ED 45% Recul de 3 points
G+EG 46%
 

(1)   En statistique on appelle cela le paradoxe de Simpson voir la page wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Simpson

Publié par emirdeniz à 21:00:00 dans Divers | Commentaires (0) |

Moyen Orient : nouvelles divergences et realpolitik | 08 juin 2007

Il y a quelques mois de cela, j'écrivais à quel point la guerre contre le Liban était une erreur stratégique pour Israël du point de vue de la région. Les troupes américaines n'arrivent toujours pas à stabiliser l'Irak, l'Iran s'est considérablement renforcé du fait de l'incapacité des européen et des américain à lui imposer ses choix, la Turquie s'apprête à intervenir en Irak du Nord et le Liban n'a plus ni stabilité politique, ni stabilité tout court. Dans ce contexte, l'intervention Israélienne a bel et bien révélé les failles de l'alliance Israélo-américaine. Or, depuis quelques jours, Israël lance des appels du pied à la Syrie afin de tenter de négocier une paix séparée et de diviser le camp anti-israélien. Le prix de cette paix improbable sera a n'en pas douter plus cher que si elle avait eu lieu il y a un an ou plus. Pourquoi Israël souhaite-t-il changer de stratégie dans la région. D'abord, nous l'avons dit, par réalisme, les israéliens ont bien compris que la stratégie américaine de « grand moyen orient » avait échoué à court et à moyen terme et doivent se protéger de l'alliance « Syrie-Iran-Hezbollah ». Mais surtout, leur allié américain a semble-t-il décidé lui aussi de changer de stratégie. Les Etats-Unis s'apprêtent quoiqu'en dise le président Ahmadinejad à négocier une paix globale avec l'Iran seul moyen de stabiliser l'Irak. Cela passera nécessairement par une reconnaissance du rôle de l'Iran dans la région et l'acceptation de celle-ci comme une puissance nucléaire en devenir. La realpolitik électorale des républicains américains au vu des cortèges de soldats tués en Irak chaque jour, va donc peut-être avoir raison de leur idéologie. Evidement, cela ne revient pas à dire qu'Israël et les Etats-Unis auraient des divergences de vue vis-à-vis de ce qu'ils souhaitaient pour le moyen orient mais il est certain que les israéliens auraient préféré une intervention militaire en Iran plutôt qu'en Irak car ils savaient, eux, que la véritable menace pour Israël viendra de là.

Publié par emirdeniz à 11:02:09 dans International | Commentaires (0) |

G8, les fantômes du nouvel ordre mondial. | 06 juin 2007

Voilà comment est géré le monde aujourd'hui. Par quelques chefs d'état et de gouvernement, jamais d'accord entre eux dans un cadre informel derrière des fils barbelés. Autant le dire, ce monde n'est depuis longtemps pas gouverné. Or, il ne s'effondre pas et le train-train continue entre micro et méga guerres, micro et méga crises et micro et méga contestation. Mais alors qui gouverne ? C'est ici qu'on voit la force des idées. Ce monde n'a plus besoin de personnes pour donner d'orientation politique car l'orientation politique est implicite et personne ne la remettra en cause. Les institutions internationales et leurs bureaucrates ont intériorisé un fonctionnement fondé sur le consensus de Washington. L'OTAN sait qu'elle doit se plier aux Etats-Unis et l'Union européenne avance dans le sens d'une méga-institution chargée de normer le libéralisation indépendamment de ce qui se passe dans le reste du monde. De là à dire qu'on s'emmerde ! Heureusement qu'il y a de temps un temps un coup de gueule du président Chavez pour sortir de cette partition écrite à l'avance. Il n'est plus là le temps ou Kroutchev tapait sur le pupitre des nations-unies avec sa chaussure. Le temps ou De Gaulle déclarait le Québec indépendant, ou les non-alignés se regroupaient ostensiblement pour dénoncer les impérialismes où les bruits des peuples révoltés ébranlaient les marché financier. Ne vous y trompez pas, l'agitation actuelle du président Poutine vise d'avantage à avoir un rapport de force pour négocier d'autres choses avec l'occident qu'à remettre en cause cet ordre global. Il n'y a qu'à voir la bourse, quoi qu'il arrive, les ventes de détails aux Etats-Unis calculés par l'Institut économique du Michigan pour le mois de mai sont plus importantes que le nom du président de la république en France. Autrefois quand la gauche arrivait au pouvoir les marchés étaient pétrifiés aujourd'hui ils rigolent. Tout se passe comme si ce monde financier était totalement déconnecté de la réalité politique et géopolitique. Le marché n'a que faire de la manière d'être gouverné du pays, il sait qu'il y a un background libéral minimum qui sera maintenu quoiqu'il arrive, on appelle cela la bonne gouvernance. Le marché n'a plus besoin de norme politique pour se gouverner car il dicte lui-même une norme implicite acceptée par tous. Cette norme non-écrite, ce contrat libéral de gré à gré ressemble à s'y méprendre au droit coutumier du moyen âge. Il ne faut pas enfreindre la coutume libérale, c'est la seule règle. Cette absence de règle et ce fondement sur ce que d'aucuns appelaient la « lex mercatoria » (1) a autrefois commencé à poser des problèmes avec l'avènement des nations et les contradictions qui allaient avec. On constate aujourd'hui que c'est encore une fois le conflit entre la norme idéologique non écrite et la réalité des corps politiques qui est susceptible à l'avenir de poser problème aux fantômes gouvernants du nouvel ordre mondial. (1) La lex mercatoria est un ensemble d'usages, de pratiques et de principes que les opérateurs du commerce international s'efforcent de respecter (codes de bonne conduite) sans passer par le droit international privé et donc sans désignation de la loi étatique, sauf les lois de police et celles portant sur des questions d'ordre public.

Publié par emirdeniz à 11:33:24 dans International | Commentaires (2) |

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