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Présentation

Je m'apelle Emir Deniz. J'ai 28 ans, je suis conseiller de Jean Pierre Masseret au Conseil Régional de Lorraine. J'ai travaillé pendant 2 ans comme assistant d'Henri Emmanuelli à l'assemblée nationale. Politiquement, je suis membre du Parti Socialiste. J'ai également été membre du Bureau National et du Secrétariat National du MJS chargé de l'éducation. J'ai également milité pendant de longues années à l'UNEF, années qui restent les plus belles pour moi ...

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Contre le mur de la honte | 06 novembre 2006

"COMMUNIQUÉ SPÉCIAL DU XVIe SOMMET IBÉRO-AMÉRICAIN DE CHEFS D'ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT CONTRE LA CONSTRUCTION D'UN MUR À LA FRONTIÈRE ENTRE LE MEXIQUE ET LES ÉTATS-UNIS

Convaincus que la coopération et le dialogue doivent prévaloir pour trouver des solutions justes et équilibrées au phénomène de la migration internationale, nous, les Chefs d'État et de Gouvernement des pays ibéro-américains, considérons que la construction de murs est une pratique incompatible avec les relations d'amitié et de coopération entre les États.

Nous considérons que la construction de murs n'arrête pas la migration non documentée, le trafic de migrants ni la traite de personnes, qu'elle incite à la discrimination et à la xénophobie et qu'elle favorise l'apparition de groupes de trafiquants qui font courir un plus grand danger aux personnes.

Nous nous sommes engagés lors de ce Sommet à situer la personne du migrant au centre des programmes et projets migratoires, en garantissant que les politiques migratoires de chaque État respectent pleinement les droits humains de tous les migrants. De même, nous reconnaissons que les migrants enrichissent la diversité culturelle et améliorent le fonctionnement économique et social des sociétés réceptrices.

Nous manifestons notre profonde préoccupation pour la décision adoptée par le Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique de construire un mur à sa frontière avec le Mexique, étant donné qu'elle constitue une mesure unilatérale contraire à l'esprit d'entente qui doit caractériser la considération des problèmes communs entre pays voisins et qu'elle affecte la coopération dans l'Hémisphère.

Nous exhortons les autorités dudit pays [les Etats-Unis] à développer des mesures tendant à la régularisation de travailleurs venant d'autres pays et à mettre en marche des programmes de travailleurs temporaires qui assurent le plein respect de leurs droits humains et relatifs au travail.

Nous, les Chefs d'État et de Gouvernement ibéro-américains, lançons un appel ferme au Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique afin qu'il reconsidère la construction d'un mur de division en Amérique.
"

Publié par emirdeniz à 14:44:54 dans International | Commentaires (0) |

L'image du jour | 27 octobre 2006

J'ai trouvé cette image drôle alors je voulais vous la faire partager.

Publié par emirdeniz à 17:44:36 dans Divers | Commentaires (1) |

Lettre ouverte à Wilhem Leibfritz, chercheur à l’OCDE | 18 octobre 2006

Monsieur,

Je vous écris simplement pour vous dire mon étonnement suite aux recommandations du rapport intitulé "étude économique de la Turquie 2006".

N'ayant trouvé aucun moyen sur votre site de faire des commentaires sur ce contenu, je me permets de vous écrire. En effet, j'ai l'impression que vous vous présentez comme des observateurs neutres et comme si vos recommandations n'avaient aucunes conséquences sur les politiques publiques qui sont menées dans ces pays. Je reconnais souvent la grande qualité de vos contributions en termes statistiques surtout dans un pays comme la Turquie qui n'a pas les outils statistiques appropriés. Cependant, comment ne pas s'étonner de vos recommandations concernant le salaire minimum d'une part et la retraite d'autre part ?

Je remarque que lorsque ça vous arrange vous réussissez à contextualiser des mesures (comparaison des taux de remplacement dans l'OCDE pour les pensions de retraite) et lorsque ça ne vous arrange pas (ou plutôt ça n'arrange pas le "business") vous faites des propositions décontextualisées. Vous proposez d'augmenter la durée de cotisation retraite à 65 ans. Or, vous savez certainement que l'espérance de vie en Turquie est inférieure de 5 points par rapport à la moyenne de l'OCDE et qu'il est inférieur de dix ans par rapport aux pays les plus avancés. Cette remarque n'est pas d'ordre moral mais économique puisque lorsque les gens vivent moins longtemps on verse également les pensions pendant moins longtemps.

Ensuite, sur le SMIC puisque cette recommandation n'est pas la première, cela fait plusieurs fois que vous revenez à la charge sur le SMIC. Vous proposez en effet de d'appliquer plusieurs SMIC selon les régions (en réalité de baisser le SMIC dans certaines régions). Vous devez certainement savoir que le SMIC n'a en aucun cas été créé comme un outils d'ajustement de la productivité mais bien comme un outils (keynésien) de régulation économique car sinon avec un marché de l'emploi aussi vaste en nombre de bras disponibles les salaires plafonneraient à un niveau très faible comme dans certains pays émergents où depuis des années les salaires stagnent malgré des croissances économiques à deux chiffres. Vous avez en revanche raison de préciser qu'il faut prendre des mesures de rééquilibrage entre l'ouest et l'est du pays mais les handicaps de l'est ne viennent pas selon moi des salaires trop élevés dans le secteur formel qui insisterait à aller dans le secteur informel mais de facteurs géographiques et géopolitiques (absence d'infrastructure d'éducation et de transport modernes, instabilité politique liée à la proximité de l'Iran et de l'Irak, problème kurde, relief montagneux, ...).

Les exemples sont encore nombreux, mais je pense que vous ne tirez en aucun cas les leçons de ce qui s'est passé dans certains pays (Argentine, Asie du sud est) qui ont suivi ce genre de recommandation et qui ont subit de graves crises sociales, politiques et économiques. Je ne dis pas que vous êtes exactement dans le dogmatisme du consensus de Washington mais cela y ressemble beaucoup.

Vous êtes responsables de beaucoup de maux et en même temps vous êtes irresponsables politiquement parce que vous n'êtes pas élus.

Ceci est une lettre ouverte que je vais publier sur mon Blog.

En attendant une réponse de votre part.

Bien à vous,

Publié par emirdeniz à 17:14:13 dans International | Commentaires (0) |

La Belgique au bord du gouffre. | 10 octobre 2006

On n'en a pas tant parlé que ça de ces élections. Comme si une extrême droite à 30% et au-delà était devenu quelque chose de normal, de banal voire d'accepté dans notre vieille Europe. On n'en a pas parlé non plus parce que les résultats de cette élection sont un leurre puisqu'on pensait que l'extrême droite allait prendre la ville d'Anvers et qu'elle ne l'a pas prise.

En réalité, l'extrême droite progresse partout, et si comme le dit le leader du Vlaams Belang les étrangers n'avaient pas eu pour la première fois le droit de voter, le résultat aurait pu être tout autre. L'extrême droite progresse surtout dans les villes petites et moyennes, là où les rapports de forces politiques sont plus figés qu'en ville, là où on ne se remet pas en quelques années d'une extrême droite aussi élevée. Il ne faut donc pas se fier aux résultats d'Anvers ou de quelques grosses ville pour minimiser la victoire importante de l'extrême droite à ses élections.

Cette situation a été celle de la France en 2001 où les victoires de Paris et de Lyon ont caché les défaites dans les zones traditionnellement de gauche au moins sociologiquement et l'hésitation des masses entre un repli conservateur voire populiste, une gauche sociale-libérale, et le plus souvent l'abstention.

La première des responsabilités en revient à la sociale démocratie qui n'a aucune réponse à apporter aux victimes de la mondialisation libérale qui se tournent vers l'extrême droite. La seconde est celle des médias. Hier encore, lors d'un reportage sur Euronews sur ces élections, l'image principale du reportage était des jeunes filles voilée marchant dans la rue comme c'est souvent le cas dans les reportages sur l'immigration. Sauf que là c'était un reportage sur la Belgique. Ce clin d'œil inconscient aux électeurs du Vlaams Belang fait parfois basculer un citoyen Lambda du « côté obscur de la force » en tout cas il y contribue. En quoi, une jeune fille portant le voile peut elle représenter une élections municipale en Belgique. Et, s'il s'agissait d'illustrer l'immigration, il aurait fallu dire dans les commentaires que le problème de l'immigration avait été un thème de campagne au minimum, et même avec cela pourquoi renvoi t on toujours l'immigrer à une religion ? La jeune femme sur les images était probablement une citoyenne belge depuis plusieurs générations.

Je ne souhaite pas mélanger dans cet article la question de l'unité belge qui nécessiterait un autre article, mais tout de même. La aussi, la Belgique est en train de vivre, presque dans le silence la fin de cette unité. Même nos camarades socialistes s'y mette à coup de commentaires du genre « les flamand ceci ou les flamands cela ... ». Bref, la Belgique est comme capitale de l'Europe, à l'image de celle-ci : touché de plein fouet par la mondialisation et ne trouvant comme seule réponse que celle inscrite dans sa mémoire.

Publié par emirdeniz à 10:18:09 dans Europe | Commentaires (0) |

Lula, Lionel Jospin ou François Mitterrand ? | 01 octobre 2006

Encore une fois, je vais essayer de développer mon argumentation à partir du titre ce cet article. Cela me permet d'avoir un angle d'attaque et au final de structurer ma réflexion. Le titre "Lionel Jospin ou François Mitterrand" que j'utilise ici me permet à la fois de m'adresser à un public large et à la fois de poser la question suggérée à chaque fois qu'on parle de Lula :"a-t-il trahi ?" sous entendu ses électeurs et sa base sociale ? On peut aussi supputer à partir de ce titre que je vais faire appel à la mémoire François Mitterrand comme c'est la mode en ce moment pour redorer le blason de Lula.

D'abord le cadre. Je vous rappelle qu'ont lieu au moment même ou j'écris cet article des élections générales au Brésil qui se sont transformés en référendum pour ou contre Lula. Au vu des dernières études d'opinion, il semblerait que la seule question soit de savoir s'il sera élu au premier ou au second tour (c'est une question importante pour la suite).

Lula est arrivé au pouvoir dans le pays où il y a le plus d'inégalités au monde. Un pays qui a stabilisé sa démocratie après des décennies d'instabilités et d'interventions de la junte militaire. Un pays complexe où les clivages politiques sont beaucoup plus fortement liés que chez nous à des clivages sociaux, confessionnels et surtout ethniques comme dans l'ensemble de l'Amérique latine. Nous n'avons pas le temps ici de développer l'histoire de ce pays, mais disons simplement que l'élection de Lula marque réellement l'entrée dans le jeu politique et institutionnel des masses laborieuses (ouvriers et paysans pauvres) qui constituent la base sociale du Parti des Travailleurs. Car l'originalité de la gauche brésilienne par rapport à d'autres pays latino américains réside dans le fait qu'il soit structuré autour d'une organisation de masse : le parti des travailleurs dont la constitution sociologique n'est pas en décalage (comme en Europe) avec la base sociale réelle de Lula. Le PT brésilien compte entre 600 000 et 1 000 000 d'adhérents ce qui en fait aujourd'hui le premier parti du Brésil alors qu'il y a 20 ans il était quasiment inexistant.

C'est là que le parallèle avec la gauche française des années 70 est intéressant. La gauche avant Epinay est émiettée et le Parti structurant de la gauche est le PC. Voyant l'impasse dans laquelle ils sont, les éléments les plus actifs de cette gauche non communiste (le PSU en étant l'élément le plus connu) décident après l'échec des élections de 1969 de commencer une lente recomposition de cette gauche autour d'un Parti démocratique majoritaire. Le congrès d'Epinay marque à ce titre un jour important dans cette recomposition et 10 ans plus tard, à force de travil de conviction, le Parti Socialiste arrivera au pouvoir. Comme le PS, le PT est un parti démocratique qui autorise les courants en son sein. Il permet de réunir dans une même entité politique des courants différents de la gauche et même pour le PT de l'extrême gauche trotskiste. Comme Mitterrand Lula à force d'acharnement et après 20 ans d'échecs électoraux arrive au pouvoir en ayant réussi le même pari : refonder une gauche démocratique autour d'un parti majoritaire.

Le parallèle entre les deux hommes est donc surtout vrai du point de vue de leur parcours et de leur stratégie de conquête du pouvoir. Ce qu'ils partagent avant tout c'est l'idée que le monde est dominé par des rapports de forces et qu'il est vain de vouloir négocier, la négociation est incluse dans la lutte elle même et les défaites d'une fois préparent à chaque fois les victoires de demain.

Quand à la politique sociale de Lula qui est la véritable question posée aujourd'hui. Il faut d'abord noter que les critiques les plus virulentes à cet égard ne viennent pas de la gauche mais des conservateurs en particulier de la presse conservatrice qui est très prompte à souligner les promesses non tenues de Lula. Il vaut parfois mieux ne rien faire pour ne pas avoir à trahir. Nous ne pouvons tout de même pas négligé certaines critiques justifiées. Tout d'abord, si les inégalités ont baissées, le pays demeure celui où il y a le plus d'inégalités au monde. La question est donc de savoir si Lula a "trahi" dans le sens où il ne croirait plus à un idéal socialiste où s'il n'a pas les moyens de mener exactement la politique qu'il souhaiterait. Je penche plutôt pour la deuxième solution. Il est quand même étrange qu'on s'en prenne à ce que Lula n'a pas pu faire alors qu'aujourd'hui dans une majorité de pays développés en particuliers en Europe, les marges des manœuvres politiques pour la gauche sont tellement faibles que l'idée même d'un changement et d'une redistribution paraît absurde à certains. Lula est confronté lui à des forces autrement plus puissantes que sont les manias de l'agriculture intensive et les marchés financiers dans un pays où une annonce impromptue peut provoquer une crise financière puis sociale du fait du poids important de la dette. Lula a donc fait le choix de se redonner des marges de manœuvres financières quitte à sacrifier la croissance du pays. Surtout, il a battu en brèche l'idée conservatrice qu'on ne peut pas faire de redistribution sans croissance. La redistribution sans la croissance constitue en réalité une réelle remise en cause structurelle du capitalisme dans la mesure où c'est la seule chose qui permet réellement de commencer à inverser le rapport Capital/Travail qui constitue le fondement de la lutte de classe. Lula, en bon syndicaliste l'a compris.

Quand à la comparaison, avec Lionel Jospin, elle en découle. Si le gouvernement Jospin avait décider de redistribuer les fruits de la croissance, il ne s'est pas attaqué au rapport capital/travail et surtout il a intériorisé l'idée d'abord qu'on en peut pas tout faire et puis au final qu'on ne peut rien faire. Je souhaite donc par cet article rendre hommage au seul représentant de la classe ouvrière qui soit un président en exercice et cela suffit à le rendre sympathique à mes yeux.

Publié par emirdeniz à 18:06:59 dans International | Commentaires (0) |

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