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Publié par emirdeniz à 19:32:40 dans Divers | Commentaires (1) | Permaliens
Antonio Negri
Michael Hardt
Michael Hardt et Antonio Negri sont probablement les seuls penseurs de gauche à développer une œuvre originale et globale sur la mondialisation. Multitude est leur second ouvrage important sur le sujet après Empire. La notion de « multitude » est ici opposée à l'ancienne conception de peuple. Si Negri et Hardt ne réfutent pas l'idée d'une unité d'intérêt des peuples, en revanche, ils analysent de manière fine l'évolution des formes du salariat et de la production dans les pays développés. Ils estiment que c'est cette nouvelle forme de salariat à la fois multiple mais qui a des intérêts et des luttes communes qui sera la seule capable de mettre en place la démocratie globale qu'ils appellent de leurs vœux. Dans la première partie de l'ouvrage, ils reviennent également sur la notion d'empire qui bien que centrée politiquement sur les Etats-Unis n'est plus une forme politique délimitée géographiquement mais plutôt un monstre tentaculaire qui possède des succursale à travers les multinationales mondiales. Ils expliquent comment cet empire, par le maintient d'une guerre asymétrique permanente tend à occuper de nouveaux espaces politiques et économiques.
Pas très éloigné d'un mélange de néomarxisme et des nouvelles sciences sociales, les deux penseurs posent peut-être les jalons d'une nouvelle pensée altermondialiste qui a vocation à s'enrichir. Quelques critiques tout de même concernant notamment la notion de nation qui est selon eux dépassée mais dont on voit l'actualité dans de nombreux pays y compris européens. Enfin, on peut noter que Negri s'est tout de même trompé dans son analyse au moment du référendum sur le TCE ou la multitude dont il parle a largement voté non alors que lui appelait à voter oui.
Publié par emirdeniz à 17:41:15 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
LES LILAS ET LES ROSES
Louis Aragon
O mois des floraisons mois des métamorphoses.
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés
Je n'oublierai jamais l'illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique
L'air qui tremble et la route à ce bourdon d'abeilles
Le triomphe imprudent qui prime la querelle
Le sang que préfigure en carmin le baiser
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
Entourés de lilas par un peuple grisé
Je n'oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
Le démenti des fleurs au vent de la panique
Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur
Aux vélos délirants aux canons ironiques
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs
Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images
Me ramène toujours au même point d'arrêt
A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
Une villa normande au bord de la forêt
Tout se tait L'ennemi dans l'ombre se repose
On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Et ni les deux amours que nous avons perdus
Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues
Et vous bouquets de la retraite roses tendres
Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou
(Le Crève-coeur, 1941)
Publié par emirdeniz à 16:26:49 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
En France le mot intellectuel a quasiment toujours été associé à "de gauche". Que s'est il passé pour que les même qui hier défendaient la dictature du prolétariat et se félicitaient de la "libération" de Saigon par le Vietminh soutiennent aujourd'hui le plus ultra libéral et atlantiste leader de droite, en rupture complète avec une certaine tradition gaulliste et "sociale" de la droite française traditionnelle.
Le fait n'est pas nouveau puisque certains d'entre eux avaient déjà soutenu l'invasion américaine de l'Irak en 2003. On aurait pu pensé alors, comme certains le pensaient que Saddam était un dictateur etc. etc., en quelque sorte un soutien humanitaire à un Bush qu'ils ne soutiennent pas par ailleurs. Mais a les entendre aujourd'hui soutenir sans réserves le petit Bush français la question se pose de savoir si c'est la gauche qui a changé comme ils le disent ou si c'est eux qui ont troqué leurs habits de gauchistes pour le vedétariat philosophique du tout Paris.
André Glucksman, ancien maoiste qui qualifiait le gouvernement Pompidou de "dictature faciste" et qui théorise son passage de l'ultra gauche à presque l'extrême droite par le néant idéologique de la gauche. Finkelkraut, Weizmann, Bruckner, tous des anciens compagnons de route de la gauche.
Comment cela est-il possible ? Prenons l'explication de Glucksman, c'est à dire le sois disant néant idéologique de la gauche. Le rôle des intellectuels de gauche n'était il pas justement de combler ce vide idéologique ? Par ces mots même Glucksman et consors admettent leurs propres défaites idéologiques faces aux néoréactionnaires et montrent qu'ils se sont eux même pliés face à l'ordre établi. D'ailleurs n'ont-ils pas toujours été dans le sens du vent étant donné qu'ils ont été gauchistes en 68 (en dehors de Finkelkraut), mittérandiste dans les années 80 et Sarkosistes aujourd'hui.
En réalité, ces "avant gardes" se sont toujours trompés et lorsqu'ils renient aujourd'hui ce qu'ils ont fait ou dit hier c'est un terrible aveux d'impuissance qui mène nécessairement à un défaitisme qui ne peut être quez sarkosien.
En quoi serait il légitime de soutenir Sarkozy aujourd'hui ? Sur quelles valeurs de gauche s'appuient ils pour le justifier ? L'ultralibéralisme, l'autoritarisme, ou encore le néoimpérialisme américain ?
Heureusement, leur crédibilité est inversement proportionnel à leur bruit médiatique.
Publié par emirdeniz à 21:18:58 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
La gauche de la gauche. Au-delà du slogan et de l'incapacité des militants de la gauche de la gauche à se définir eux même, la question de son impuissance politique et du coup de l'utilité des appareils, aussi bureaucratiques soient-ils est posée pour ces militants.Publié par emirdeniz à 15:10:28 dans Divers | Commentaires (0) | Permaliens
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